2025年7月11日—上海

飛往開羅之前,我在被稱作「魔都」的上海短暫停留。天空灰得像被水洗過,下著細細的雨,東方明珠與摩天大樓的尖端沉入雲層,半透明得像夢。朋友推薦的「霸王茶姬」溫熱了我的心,我便在濕涼的傍晚輕嘆:中國果然當得起「茶的國度」之名。
我挑了一家能眺望外灘夜景的高級餐廳。儘管只點了炒飯與甜點,服務生依舊熱情周到,甚至跟我聊起旅途。那一刻,我突然覺得,在亞洲的最後一個夜晚被悄悄地妥善安放了。
11 juillet 2025 — Shanghai
Avant de m’envoler pour Le Caire, je fais une brève escale à Shanghai, que l’on surnomme la « ville magique ». Le ciel y était gris, comme rincé par une eau invisible, et une fine pluie tombait sans cesse. Les sommets de l’Oriental Pearl Tower et des gratte-ciel disparaissaient dans les nuages, translucides comme un rêve. La « Bawang Chaji » que m’avait recommandée une amie réchauffait doucement mon cœur, et dans cette soirée humide et fraîche, je me suis surprise à murmurer : la Chine mérite vraiment son nom de pays du thé.
J’ai choisi un restaurant chic d’où l’on pouvait admirer la nuit tombant sur le Bund. Même si je n’ai commandé qu’un simple riz frit et un dessert, le service fut chaleureux, attentionné, et les serveurs ont même engagé la conversation sur mon voyage. J’ai eu, en cet instant précis, l’impression que ma dernière nuit en Asie venait d’être déposée délicatement à sa juste place.
2025年7月12日—開羅
因以巴戰爭,航路繞過加薩走廊與西奈半島,飛機從尼羅河三角洲的中心切進開羅的上空。落地後,我彷彿走進一個所有文字都像蚯蚓般從右向左游動的世界──阿拉伯世界。
在台灣時,我先自學過阿語字母。看著機場裡陌生的指示牌,我忍不住像孩子般低聲地一個字母、一個字母拼讀。然而第一個挑戰旋即降臨:出境卡。格式模糊、英字細小,完全無人指引。我呆站在台前,手足無措。這時旁邊一位瘦高的男生正用阿拉伯語填寫,我鼓起勇氣向他求助。他來自阿爾及利亞,十九歲,一個人要飛往東京旅行。我笑著說:“也許哪天我們會在亞洲碰頭呢!來台灣記得找我。” 我們交換聯繫方式,揮手道別,兩人則再次被海關的人潮吞沒。
正排隊時,我注意到後方兩位年紀和我相仿的亞洲女生,手裡拿著綠色護照。我心頭一跳——會不會是台灣人?果然,在她們翻閱護照的瞬間,我看見那熟悉的金色太陽。她們是政大阿拉伯語系的雅思敏與阿法夫。更巧的是——我們竟然要去同一所語言學校、住同一間宿舍,甚至在未來一個月成為室友。 她們沒有預訂接送,但經過討價還價後,學校司機阿哈邁德同意多載兩個人。
埃及的道路寬得驚人,柏油在陽光下反射著刺目的白光,指示線卻幾乎全被磨得透明。街上幾乎沒紅綠燈、沒斑馬線,人群在疾速穿梭的車陣間如魚般閃躲。
「你們另一位室友好像睡死了,把門上那個不能用鑰匙開的鎖反鎖起來。」阿哈邁德說。他試圖聯絡那位法國室友克拉拉,但始終無人接聽。
我們三個對視一眼,又把行李搬回車上。
「走吧,先喝杯咖啡。」阿哈邁德打了個哈欠,語氣懶洋洋的。
12 juillet 2025 — Le Caire
À cause de la guerre israélo-palestinienne, notre itinéraire a dû contourner la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï. L’avion a traversé le centre du delta du Nil avant de plonger vers Le Caire. En débarquant, j’ai eu le sentiment d’entrer dans un monde où toutes les lettres serpentaient de droite à gauche, comme de petites lombrics – le monde arabe.
Heureusement, j’avais appris l’alphabet arabe en ligne avant de partir. Devant les panneaux du terminal, je ne pouvais m’empêcher de chuchoter chaque lettre, comme une enfant découvrant un jeu secret.
Mais le premier obstacle surgit aussitôt : la carte de sortie. Le formulaire était flou, les caractères minuscules, et personne n’était là pour aider. Figée devant le comptoir, je ne savais par où commencer. Un garçon grand et mince, qui remplissait la carte en arabe, se tenait à côté de moi. J’ai pris mon courage à deux mains pour lui demander de l’aide.
Il venait d’Algérie, avait dix-neuf ans, et partait seul pour Tokyo.
En riant, je lui ai dit :
— Peut-être qu’on se croisera un jour en Asie ! Si tu viens à Taïwan, préviens-moi.
Nous avons échangé nos contacts, puis nous nous sommes séparés, vite avalés par la foule des voyageurs.
En attendant la douane, j’ai remarqué derrière moi deux jeunes Asiatiques tenant un passeport vert. Une intuition m’a traversé le cœur — des Taïwanaises ?
Au moment où elles ont ouvert leur passeport, j’ai aperçu le soleil doré.
Elles venaient de l’université Chengchi, département d’arabe : Yasmine et Afaf. Et, incroyable coïncidence, nous allions à la même école de langue, dans la même résidence, et nous serions même colocataires pendant un mois.
Elles n’avaient pas réservé le transfert, mais après quelques négociations, le chauffeur — Ahmad — accepta de nous prendre toutes les trois.
Les routes du Caire étaient étonnamment larges, brillantes de soleil, mais les marquages au sol presque effacés. Presque aucun feu de signalisation, aucune ligne piétonne ; les habitants traversaient la circulation dense comme des poissons fendant un courant rapide.
— Votre troisième colocataire est profondément endormie, expliqua Ahmad. Elle a verrouillé le cadenas qu’on ne peut ouvrir avec la clé. Impossible de la joindre.
Nous nous sommes regardées, puis avons replacé nos valises dans la voiture.
— Allez, on va d’abord prendre un café, dit Ahmad en s’étirant, d’un ton nonchalant.

埃及的熱像是要把身體烤化。我們在一棵大樹下的路邊咖啡店落腳。棚子與家具都舊得發白,空氣裡飄著濃濃的水煙味,蒼蠅在我們的胳膊上若無其事地停留。阿哈邁德替我們買了三明治、醃菜與幾杯奶茶。食物意外美味,只有那醃菜酸辣得像要把舌頭燒穿。
「阿哈邁德你來啦!這幾位是新學生嗎?看起來真有精神。」老闆朝我們吆喝。
店裡的人抽著相當便宜的水煙,也有人試著跟我們搭話,但我們一句也聽不懂。
La chaleur égyptienne semblait vouloir faire fondre nos corps. Nous nous sommes arrêtées dans un petit café de rue, installé sous un grand arbre. Le toit de tôle et les meubles étaient usés jusqu’à pâlir, et l’air était saturé de la fumée épaisse des narguilés. Des mouches se posaient sur nos bras comme si de rien n’était.
Ahmad nous a acheté des sandwichs, des légumes marinés et quelques verres de thé au lait. La nourriture était étonnamment délicieuse, sauf les pickles — si acides et si brûlants qu’on aurait dit qu’ils voulaient nous arracher la langue.
— Ahmad ! Te voilà ! Et ce sont les nouvelles étudiantes ? Elles ont l’air pleines d’énergie !
cria le patron en notre direction.
Les habitués fumaient du narguilé bon marché ; certains tentaient de nous adresser quelques mots, mais nous ne comprenions rien du tout.
接著我們被帶去電信局辦 SIM 卡。路面破碎,多處沒有柏油,露出土黃石塊。路邊有拉著木板車的小販,一車車綠色的果實堆得高高的。他們揮著水果刀,在原地削皮販賣。

「這叫 teen shoky,也可以叫 teen──仙人掌果。」阿哈邁德買了三顆給我們。入口意外香甜,有種蘋果味,籽卻大得嚇人,咬起來滿口驚喜。
等我們折返時,法國室友終於醒了,宿舍門也開了。除了克拉拉,還有一位義大利奶奶──亞歷山德拉。
宿舍被地毯填滿,家具精緻,角落有小廚房。陽台外的景色是方形裸牆的房屋、斷裂的邊角、風裡搖晃的衣物。街道上喇叭聲此起彼落,汽車、摩托車與嘟嘟車交織。小販吆喝,水果的香氣混雜灰塵飄上來。一到禮拜時間,全城的大聲公響起古蘭經的誦讀,穿牆而入,如同另一種呼吸。
我忽然意識到——這是一些人從未見過的世界,卻是另一些人一生也無法離開的地方。
Nous avons ensuite été conduites au bureau de télécommunications pour acheter une carte SIM. La route était abîmée, souvent dépourvue d’asphalte, laissant apparaître la terre ocre et des blocs de pierre. Le long du chemin, des vendeurs tiraient de grandes charrettes en bois, chargées de fruits verts empilés en montagnes. Ils maniaient leur couteau d’un geste rapide et épluchaient les fruits sur place, prêts à les vendre.
— Ça s’appelle teen shoky, ou simplement teen — le fruit du cactus,
nous expliqua Ahmad en nous en achetant trois.
Le goût fut une surprise : doux, presque comme une pomme, mais avec de grosses graines qui croquaient sous les dents, un véritable éclat de saveurs inattendues.
Quand nous sommes revenues, notre colocataire française s’était enfin réveillée et la porte de la résidence était ouverte. Outre Clara, il y avait aussi une grand-mère italienne — Alessandra.
L’appartement était rempli de tapis, meublé avec soin, et un petit coin cuisine occupait l’un des murs. Depuis le balcon, on voyait des maisons carrées aux murs nus, quelques morceaux de façade effrités, et des vêtements flottant au vent. Dans la rue, les klaxons se répondaient sans cesse ; voitures, motos et tuk-tuks s’entremêlaient dans un vacarme continu. Les cris des marchands montaient jusqu’à nous, mêlés à l’odeur des fruits et de la poussière.
Puis, à l’heure de la prière, toute la ville s’emplissait de la récitation du Coran, portée par des haut-parleurs qui semblait traverser les murs comme une seconde respiration.
Je compris soudain : ce monde, certains ne l’ont jamais vu, et d’autres ne pourront jamais s’en détacher.

黃昏後,我們到開羅知名的百貨 City Stars 走走(有趣的是,他們的阿拉伯語招牌竟是英文音的直翻:سيتي ستارز)。
商場裡的國際品牌一個接一個,而阿拉伯語版的品牌名稱讓我們笑到彎腰(猜猜 ستاربكس 是哪一個品牌?)。

為了融入當地,我買了穆斯林頭巾——西賈布。走著走著,一位母女輕輕拍了拍我,誇我願意尊重文化,但也提醒:「既然戴頭巾,就要把手腳遮住,不能露出肌膚。」我霎時羞紅了臉。原來我看到的文化,只是一塊布,而不是背後深沈的信仰與教義——羞體,不可裸露。那晚,我便補買了一件罩袍。
文化從來不是浮在海面的冰山一角,而是深沉在水下的重量、信仰與脈搏。
Après le coucher du soleil, nous sommes allées nous promener dans le célèbre centre commercial City Stars du Caire — amusant d’ailleurs de voir que leur enseigne en arabe n’était qu’une transcription phonétique de l’anglais : سيتي ستارز.
Les boutiques internationales se succédaient, et les versions arabes de leurs noms nous ont fait éclater de rire plus d’une fois — devinez quel magasin se cache derrière ستاربكس ?
Pour mieux m’intégrer, j’ai acheté un voile musulman, un khimar. Alors que nous marchions, une mère et sa fille m’ont tapoté doucement l’épaule. Elles m’ont d’abord félicitée pour ma volonté de respecter leur culture, puis m’ont glissé :
— Puisque tu portes le voile, il faut aussi couvrir tes bras et tes jambes. La peau ne doit pas être visible.
Mon visage s’est aussitôt empourpré. Je compris alors que ce que j’avais perçu de cette culture n’était qu’un morceau d’étoffe, et non les croyances profondes et la loi religieuse qui l’accompagnent — la notion de ʿawra, ce qui doit rester caché.
Ce soir-là, je suis retournée acheter une abaya ouverte.
La culture n’est jamais la partie de l’iceberg qui flotte à la surface, mais le poids invisible, les croyances et les pulsations qui reposent dans les profondeurs.
























