回憶起 2025 年最熱的夏天。當時的我回想起三年前的自己——那個背著行李、踏上德國高中交換旅程的十七歲女孩。 三年過去,我卻依然焦慮於未來,把自己困在「申請」與「課業」之間。那種重複的日常,像潮水一樣,一次次把我沖向空白的岸邊。我開始懷疑,這樣活著,到底是為了什麼。
我想改變什麼。我想去波蘭,參加暑期的波蘭語課程,喚醒九歲時的記憶。但烏俄戰爭使教育預算被削減,名額變得稀少,我也失去了機會。。
「那我就去埃及吧。」四月底的一天,我對父母這說。
他們驚訝地看著我,而我只是笑了笑——那是一種突然被點燃的衝動:「我想一個人去陌生的地方,也想去歐洲,看看三年前的那個家。」我開始安排一場跨越三大洲的旅程:從亞洲出發,經過非洲,再回到歐洲。除了飛機,其他路程都要靠火車和巴士完成。
那時的我,覺得世界很大,也覺得自己終於能再次呼吸。
六月的某個午後,我遇見一個來自巴黎的男孩。他笑起來有點可愛,又天真。我們在台灣的城市間穿梭,一起去夜市、去農場。他就像我生命的綠洲,在灰暗的世界添加了色彩。可就在我以為這份情感會繼續延伸時,他給我的回應卻是:「我喜歡你,但沒有那麼喜歡。你要出國兩個月,我也要去別的城市……我們之後可能不會再見了。」那句話像刀子。我孤獨的在台東的海灘上走著,淚水和東海岸的浪一起流進太平洋。風很熱,我的心卻很冷。
後來,我遇見另一個人——來自埃及坦塔附近的男孩。他待我很好,會在我疲累時帶來甜膩的埃及米布丁,也會在我開完不知何時才能結束的會議後,靜靜地等在教室門口。他擁抱我,低聲說:「我很愛你。我希望你能做我的女朋友。我知道你還沒像我那樣愛我,但我會等。」那時的我,不知道該怎麼回答。但在他身邊,我第一次認真地聽人講阿拉伯語,第一次翻開《古蘭經》,第一次感受到一種奇異的平靜。他像從沙漠吹來的風,溫柔、乾燥、帶著陽光。
七月,我告別他。飛機掠過夜空,朝著西方飛去。窗外那片金黃的土地,正是我將要降落的地方:埃及。那片孕育了古老文明的土地,是他的家。
Je me souviens de l’été le plus brûlant de 2025.
À ce moment-là, je repensais à la fille que j’étais trois ans plus tôt — celle de dix-sept ans, un sac sur le dos, prête à partir pour un échange scolaire en Allemagne. Trois années ont passé, et pourtant je restais prisonnière de la même anxiété, enfermée entre les mots admission et études.
Les jours se répétaient comme les vagues d’une mer sans fin, me rejetant sans cesse sur une plage vide. Je commençais à me demander : vivre ainsi, à quoi bon ?
Je voulais changer quelque chose.
Je voulais aller en Pologne, suivre un cours d’été de polonais, raviver les souvenirs de mes neuf ans. Mais la guerre entre la Russie et l’Ukraine avait réduit les budgets de l’éducation, rendant les places rares. J’ai perdu ma chance.
— Alors j’irai en Égypte.
C’est ce que j’ai dit à mes parents un jour d’avril.Ils m’ont regardée, stupéfaits. Moi, j’ai seulement souri. C’était une impulsion soudaine, un feu intérieur :
Je veux partir seule, vers un pays inconnu. Et je veux revoir cette maison en Europe, celle d’il y a trois ans.
J’ai alors organisé un voyage à travers trois continents : de l’Asie à l’Afrique, puis à l’Europe. Sauf pour les vols entre les continents, je voulais tout faire par train et par bus. Je me sentais vivante à nouveau. Le monde semblait vaste, enfin respirable.
Un après-midi de juin, j’ai rencontré un garçon venu de Paris.
Il avait un sourire doux, un peu maladroit, un peu rêveur. Nous avons parcouru ensemble les villes de Taïwan, goûté la nourriture des marchés de nuit, visité des fermes. Il était devenu comme une oasis dans mon désert gris. Mais au moment où je croyais que cette histoire allait durer, il m’a dit :
Je t’aime bien, mais pas assez. Tu pars à l’étranger deux mois, et moi aussi je vais quitter cette ville… Peut-être qu’on ne se reverra jamais.
Ces mots ont tranché net.
Je marchais seule sur la plage de Taitung, les larmes se mêlant aux vagues du Pacifique. Le vent était chaud, mais mon cœur, glacé.
Plus tard, j’ai rencontré un autre garçon — venu de Tanta, près du Caire.
Il était attentionné, d’une douceur calme. Quand j’étais fatiguée, il m’apportait du riz au lait égyptien, sucré et réconfortant. Il m’attendait après mes réunions sans fin, m’enveloppait dans ses bras et murmurait :
Je t’aime. J’aimerais que tu sois ma petite amie. Je sais que tu ne m’aimes pas encore comme moi je t’aime, mais j’attendrai.
Je ne savais pas quoi répondre.
Mais auprès de lui, j’ai écouté pour la première fois la langue arabe, ouvert le Coran, senti une paix étrange s’installer en moi. Il était comme un vent du désert — doux, sec, chargé de lumière.
En juillet, je lui ai dit adieu. L’avion a traversé la nuit, filant vers l’ouest. Par le hublot, je voyais cette terre dorée où j’allais bientôt atterrir : l’Égypte — berceau d’une civilisation ancienne, et sa maison.





















